20/11/2015 Interview de Nadine Leblanc

par Philippe Barthélemy (*) Maître de Conférences associé à l'Université Paris 1 Panthéon Sorbonne

PB : Quel est pour vous, la place du mécanisme du mécénat dans la diffusion d’œuvres d'art auprès des entreprises ?
NL
: Aujourd’hui, en France, de plus en plus d’entreprises, toute taille et tout secteur confondus, développent une politique active de mécénat, notamment dans le domaine des arts contemporains. Cela signifie que le mécénat est devenu un vecteur significatif et incontournable dans la diffusion d’œuvres d’artistes vivants et que les entreprises affichent une volonté forte de s’engager pour soutenir l’art, les artistes et la création artistique.
L’entreprise, au-delà d’une réduction fiscale et d’un bénéfice économique, voit dans le mécénat d’art, un moyen efficace de communiquer et de valoriser son image, une façon de promouvoir son image, sa notoriété auprès de ses équipes, ses clients et ses partenaires, autrement que par son chiffre d’affaire !
Cette communication différente fait désormais partie de la stratégie de communication globale interne et externe de l’entreprise. Le mécénat d’art sert à exprimer et à enrichir la personnalité et la singularité de l’entreprise, à promouvoir ses valeurs et sa culture.
Dans cet esprit, la présence d’œuvres d’art en entreprise permet aux collaborateurs (qui sont les acteurs du microcosme sociétal de l’entreprise) de participer aux actions de mécénat et ainsi de renforcer la cohésion, le décloisonnement, l’épanouissement et la fierté d’appartenance.
On peut imaginer que des événements organisés en interne, permettent de sortir d’un cadre de travail classique au profit d’une ouverture sur d’autres domaines, d’autres questions, d’un enrichissement par de nouvelles expériences autour de la créativité. Le mécénat joue un rôle positif dans le recrutement et la fidélisation des collaborateurs et suscite fierté, engagement et créativité.

Le texte de référence, c’est à dire la loi du 1er août 2003 relative au mécénat, aux associations et aux fondations, dite « Loi Aillagon », plaidait déjà pour une implication plus forte de tous les acteurs de la société dans des actions d’intérêt général, afin de renforcer le lien social et la solidarité.
Les entreprises souhaitent s’inscrire dans cette démarche, en développant notamment une politique de mécénat d’art et en s’engageant de façon prégnante auprès des différents acteurs du territoire. Grâce au mécénat, elles contribuent ainsi, à rendre ce territoire, plus attractif et plus rayonnant sur le plan culturel. Elles entendent non seulement, jouer un rôle important dans le tissu économique, mais aussi dans le soutien à un intérêt plus général, en favorisant par exemple, la création artistique.
Les entreprises soutiennent souvent des artistes, des œuvres d’art ou des projets qu’elles sélectionnent pour leur originalité, leur capacité à répondre de façon innovante et efficace à des interrogations. Le mécénat permet alors à ces projets innovants d’émerger et de se développer.
La diffusion d’œuvres d’art auprès des entreprises est donc bien favorisée par les politiques de mécénat qui leur permettent d’affirmer un positionnement esthétique et artistique, de contribuer à l’intérêt général que ce soit au niveau de l’entreprise ou du territoire où elle est ancrée, d’exprimer des valeurs fortes de l’entreprise par le vecteur de l’art, de valoriser une image et d’impliquer ses équipes, en les ouvrant à autre chose.

PB : Vous dirigez DRIMART | PARIS, pouvez-vous nous expliquer votre démarche, votre offre et les services rendus aux entreprises ?
NL : J’ai bâti ma carrière dans le monde de l’entreprise entre la France et le Japon.
Passionnée d’Art, j’ai étudié la calligraphie japonaise (nikkyu) auprès d’un Maître à Kumamoto (île de Kyushu).
Diplômée de l’AEMC (Agence Européenne du Management Culturel), je me suis formée aux techniques de montage de projets culturels, à l’organisation de conférences et aux relations publiques que j’ai exercées en galerie à Paris.
Je me suis prise de passion pour des artistes asiatiques contemporains qui créent à partir de savoir-faire techniques ancestraux et qui transcendent la tradition par une expression personnelle.
La motivation de DRIMART| Paris est de relier le monde de l’entreprise et l’univers de l’art contemporain asiatique, comme moteur du rapprochement entre la création et l’initiative, entre l’artiste et le leader, entre deux démarches et un point commun : fédérer autour des valeurs de charisme, culture, passion et empathie.
Faire entrer l’art au sein de l’entreprise c’est émettre un vrai signal d’ouverture et de modernité, renforcée par l’Asie, qui ajoute innovation et élégance.
Un tel choix pour une entreprise, devient un acte fort de différenciation et d’appartenance.
Le raffinement et la délicatesse de l’art contemporain asiatique (laque, céramique, calligraphie, peinture traditionnelle) saura interpeller les partenaires, les équipes et les clients. Choisir une œuvre, c’est oser un choix esthétique fort en suggérant originalité, modernité, innovation. C’est pour une entreprise, l’opportunité de s’affirmer par une communication interne et externe personnalisée innovante.
L’entreprise est conduite par le besoin d’exister, de s’inscrire dans un espace-temps donné, par le besoin permanent d’innover au nom d’un idéal qu’elle produit.
L’art contemporain se veut en décalage avec ce qui est établi et bien au-delà des différences culturelles, il est désormais un art de sens, global, multimédia et plus que jamais, en prise avec notre quotidien.
L’artiste contemporain est le témoin du monde existant, qui fait partie de sa réalité. Il est un créateur mais aussi un entrepreneur, confronté aux défis permanents de son œuvre et sa production. En même temps, il apporte une ouverture, emmène, comme le leader, c’est un visionnaire.
On s’aperçoit au final, que la démarche de l’artiste croise souvent celle du dirigeant ou du manager dans l’entreprise et qu'artistes et entreprises ont des questionnements communs !

En réponse à cet élan, DRIMART | Paris propose une offre dédiée aux entreprises : l’achat d’œuvre d’art, la location et la location d’œuvre d’art avec option d’achat (le leasing), le conseil en acquisition, la création d’évènements, le montage d’expositions, la création d’une oeuvre de commande.

(*) Philippe Barthélemy est maître de conférences associé à l'Université Paris 1 Panthéon Sorbonne (UFR 04 et 09), où il est chargé de l'enseignement des techniques de recherche de financements culturels. Concepteur de projets culturels, il a vu plusieurs de ses propositions sélectionnées et soutenues par l'Union européenne dans le cadre du programme Culture. Ancien directeur de services culturels et de musées, il est le fondateur de l'AEMC, Agence européenne du management culturel, dont il est le principal consultant et intervenant. Philippe Barthélemy est l'auteur de plusieurs ouvrages techniques dont FINANCER SON PROJET CULTUREL (3éme édition - décembre 2015) et MOBILISER LE MÉCÉNAT CULTUREL.

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