Janvier 2016

 IrokoHiro

Quand l'artiste se dévoile !

Hiroko HORI est une jeune femme souriante et dynamique à l’image de son blog https://bygambetta.wordpress.com qui nous révèle un peu de son univers parisien, univers plein d’enthousiasme, blog dans lequel on peut lire « Vive les Parisiens! Vive les Narasiens! et Vive la vie!».
La vie d’Hiroko c’est la création, le « beau travail » à l’instar de ces jeunes français, créateurs de livres d’art, d'objets de déco uniques, de céramique, bijoux... présentés dans des boutiques branchées de l’est parisien entre Gambetta (où elle vit), Oberkampf et Belleville.
Hiroko travaille avec le papier, sa matière du moment, qu’elle révèle « à sa manière, à la main, geste qui imprime, qui parle ».

Paris. Pour changer de vie et se rapprocher de l’art, elle s’est installée à Paris, il y a 15 ans. Sa sœur lui avait dit que Paris serait la ville idéale ... « pour le moment, je m’y sens libre pour travailler à ma manière. Je me sens dans un milieu artistique équilibré ».

Son style ? Elle le définit entre le classique et le contemporain, un entre-deux qui l’interroge aujourd’hui encore, nous confie-t-elle.

Hiroko vit entre Paris et Nara, sa ville de naissance pour laquelle on sent un fort attachement.
Une ville d’art, d’archéologie, d’architecture. On dirait que tout est parti de Nara ... « Quand j’étais petite, j’aimais regarder les choses anciennes, historiques ».
Pour nous parler de la terre, matière qu’elle affectionne et qui fut son thème de travail lors de l’exposition du "KIZUGAWA-ART" à Kyoto en 2011, Hiroko évoque la montagne. Les couches sédimentaires furent une vraie « source d’inspiration, d’imagination de ce qui s’est passé avant. La terre est nourricière, terre à laquelle on retourne, une matière proche de nous ». Un propos souligné par l’évocation du choc ressenti face aux peintures préhistoriques de Rouffignac « quelque chose de très ancien et de très proche en même temps ».

C’est en la questionnant sur l’originalité des noms choisis pour ses œuvres (bactérie lactique, morceaux, trace...) qu'Hiroko, se dévoile un peu...

Nous apprenons que « Bactérie lactique » est directement rattaché à son travail dans le cadre de la première édition de « in-situ Project » qui s’est tenue en 2015 dans une ancienne usine de ferments lactiques de Nara.

Les bactéries invisibles d’Hiroko ont été imaginées à l’issue d’un échange avec le propriétaire de cette ancienne usine qui n'est plus en service aujourd'hui.
Matérialisées par des formes étonnantes, ces bactéries sont élaborées avec un mélange de papier et d’argile prélevé sur place. Suspendues un peu partout à l’intérieur du bâtiment, elles nous rappellent que ces bactéries invisibles sont imprégnées dans les matériaux du bâtiment. L'oeuvre de l'artiste rend hommage à la mémoire de ce lieu atypique. 

« Morceau » est le morceau de l’œuvre détruite par l’artiste convaincue que « seul le souvenir reste, dans le corps et dans la tête. Les choses ne font que passer ».

Hiro Hiroko est une philosophe en quête de lieux spéciaux, rares avec lesquels elle aime dialoguer, à sa manière.

L’entreprise ? OUI ! C’est justement le genre de lieu que l’artiste apprécie particulièrement et recherche. C’est de ce lieu dont elle s’inspire pour créer, seule ou à plusieurs.
... Avis aux amateurs !

Le mot de la fin : Une jeune artiste d’une authenticité touchante à qui l’on a immédiatement envie de confier son lieu !

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