Le « Maki-e » 蒔絵 (littéralement « image parsemée ») est une technique décorative de métallisation qui consiste à orner des objets en laque de motifs réalisés à l’aide de poudres de métaux précieux qui sont principalement l’or et l’argent.


La technique du laquage, dont l’utilisation au Japon a été attestée dès l’ère Jômon (estimée entre -10 000 et - 300 avant notre ère) a été développée et perfectionnée au fil des siècles par les artisans locaux. Dès le VIII ème siècle, le Japon élabore une nouvelle technique de laquage décoratif: le fameux « Maki-e ». Cela donne naissance à des pièces d’exception: des ustensiles pour le thé, des écritoires et autres boîtes dont le luxe raffiné, mais pas ostentatoire, laisse entrevoir le souci de perfection et la simplicité raffinée qui, au Japon, anime la main de l’artisan comme celle du poète. Avec l’apparition de cette technique, spécifique au Japon, les motifs des laques eux aussi évoluent: des décors typiquement japonais, comme les carpes « Koi » ou les paysages inspirés des contes traditionnels, remplacent peu à peu les thèmes d’inspiration sinisante.

Pour créer un « Maki-e », on commence par appliquer la laque, une résine naturelle appelée « Urushi » du nom de l’arbre dont elle est extraite, sur un support se trouvant dans la plupart des cas, être fait de bois. Alors que celle-ci n’est pas encore sèche, on y saupoudre de la poussière d’or ou d’argent que l’on recouvre d’une autre couche de laque avant de laisser sécher et de polir le tout pour laisser apparaître les motifs. En fonction de la technique utilisée on distingue trois classes principales de « Maki-e » :

Les « Togidashi Maki-e » 研出蒔絵 qui ne présentent pas de motifs en relief. On réalise des motifs à l’aide de poudre d’or et d’argent que l’on recouvre ensuite de plusieurs couches de laque. Grâce à une technique de polissage au charbon de bois, on fait apparaître les motifs qui se trouvent alors au même niveau que la laque.

Les « Hira Maki-e » 平蒔絵 qui présentent des motifs en très léger relief. Cette technique consiste à saupoudrer le motif sur le dernier enduit de laque colorée avant de le recouvrir de laque transparente que l’on va ensuite, polir légèrement.

Les « Taka Maki-e » 高蒔絵 qui présentent un fort relief. Pour réaliser ce type de décors laqués, on crée un motif à base de poudre de laque sèche ou d’un mélange de laque et de charbon. On applique ensuite exactement la même technique que celle qu’on utilise pour réaliser les « Hira Maki-e ».

Ces trois techniques de « Maki-e », qui peuvent être utilisées de manière complémentaire, ne sont pas les seuls savoir-faire des laqueurs.

D’autres techniques, comme la gravure sur laque et l’insertion de feuilles ou de fragments d’or, ont continué à être perfectionnées au Japon. Celle de l’incrustation de nacre appelée « Raden » 螺鈿, que l’on peut d’ailleurs allier à la technique du « Maki-e », impressionne par ses superbes éclats bleutés. Les objets décorés à l’aide des techniques du « Maki-e » et du « Raden », les deux plus appréciées au Japon, n’ont cessé d’évoluer au fil des siècles.

Durant le Moyen-Âge guerrier, les armes et pièces de harnachement équestre se sont vus parées de la même manière que les ustensiles de l’aristocratie. Par la suite, durant l’ère Edo (1603-1868), qui a vu émerger la riche classe marchande, ces décorations ont été trouvées sur des objets plus populaires comme les petites boîtes appelées « Inrô » principalement destinées au transport du sceau personnel. Ces petites boîtes étaient accrochées par une cordelette à la ceinture du kimono. Les artisans d’aujourd’hui continuent à perfectionner ces techniques traditionnelles qui s’invitent à présent sur des stylos et même des guitares électriques.

DRIMART Paris vous propose de découvrir les œuvres du Maître laqueur Sudô Toshio, qui utilise le « Maki-e » et le « Raden », dans des créations uniques et originales, qui mélangent designs modernes et techniques traditionnelles. 

boitemaitresudo

Sources : http://www.clickjapan.org/Art_japonais/laque_japonaise.htm

              http://www.aventure-japon.fr/index.php/curiosites/101-la-laque-japonaise-urushi

Sommaire