« Le Hanji » est pareil à la lumière du soleil''. Peter BOGARDUS, Photographe d’art.

« Hanji » est le nom que l’on donne au papier traditionnel de Corée, fabriqué à la main selon des techniques ancestrales et porteur d’une histoire de plus de mille ans.

Colored Hanji Korean traditional paper                 Parpier Hanji 2

©Antique Alive. Papier ''Hanji'' blanc et coloré.

Si les techniques de fabrication du papier lui ont été, à l’origine transmises par son prestigieux voisin chinois, le royaume correspondant à l’actuelle Corée du Sud en est lui-même devenu, dès le XI ème siècle, un important exportateur. Le « Hanji », ce papier unique qu’ont su élaborer les artisans coréens, est alors devenu le plus prisé d’Asie, même par les chinois qui, en raison de son extrême solidité et de sa grande longévité, le privilégiaient pour leurs documents officiels, politiques ou religieux.

Elaboré à partir de l’écorce de mûrier à papier, que l’on nomme « Dak » en coréen, le « Hanji » doit ses exceptionnelles qualités à un processus de fabrication artisanal, si long et complexe que ce papier est parfois surnommé « papier cent » : son élaboration ne nécessitant pas moins de 99 étapes différentes, la dernière étant effectuée par l’utilisateur de la feuille de papier parachevée. Si son processus de fabrication reste relativement proche de celui des autres papiers asiatiques comme le « Washi » japonais ou le « Xuanzhi » chinois, la principale originalité du « Hanji » réside dans une étape clé de sa fabrication: le tamisage, qui détermine la formation de la feuille de papier. Lors de cette étape, les mouvements uniques effectués par les artisans coréens, qui permettent aux fibres végétales composant le « Hanji » de circuler dans toutes les directions, produisent un papier solide mais présentant un aspect quelque peu irrégulier qui ne manque pas de faire son charme.

Grâce aux nombreuses caractéristiques dont il est doté, le « Hanji » a connu, et connaît encore de nos jours, une multitude d’utilisations, de la plus ordinaire à la plus surprenante. Sa longévité, d’environ mille ans contre deux-cent ans pour notre papier européen, et sa solidité exceptionnelle, qui lui a valu d’entrer dans la composition de certaines pièces d’armure ne sont pas ses seuls atouts.

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©Eunjukim. Intérieur d'une maison traditionnelle Coréenne. Panneaux en ''Hanji''.

Filtrant la lumière, qu’il tamise, et laissant circuler l’air, le « papier qui respire » fut très longtemps un élément central de l’intérieur des Coréens. S’ils ont utilisé le « Hanji », comme les Japonais le « Washi », pour tapisser murs et fenêtres, les Coréens sont pourtant le seul peuple au monde à avoir utilisé du papier comme revêtement de sol et ceci nous rappelle une fois encore son étonnante solidité.

Doté de propriétés absorbantes, il est également prisé pour la calligraphie, la peinture et...la fabrication de vêtements. Allié à des matières textiles comme le coton et la soie, il absorbe l’humidité et la fait s’évaporer par temps sec. Grâce à ses fonctions respirantes mais également anti-bactériennes, il est réputé excellent pour la peau. Plus surprenant encore, le « Hanji » posséderait également des propriétés lui permettant de bloquer les ondes électromagnétiques!

Malgré les nombreux atouts du « Hanji », l’artisanat papetier coréen a connu un certain déclin ces dernières décennies, notamment à cause de la mécanisation des techniques de fabrication et également du fait que ce papier reste assez méconnu à l’international; contrairement au « Washi » qui a su s’attirer les faveurs des restaurateurs de livres anciens du monde entier. Afin de faire connaître le « Hanji » à l’étranger et de vanter ses nombreux mérites, le gouvernement coréen a pris de nombreuses initiatives, dont un colloque dédié à ce papier unique, organisé à Séoul en 2014.

Ces dernières années le « Hanji » s’est d’ailleurs fait une place dans l’art contemporain qui lui permet de montrer ses « cent visages », de démontrer ses étonnantes caractéristiques à travers des peintures, des gravures et même des sculptures d’artistes coréens et internationaux d’exception.    

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                     ©Ran HWANG & Inception Gallery. Ran HWANG. Beginning of the Bright, 2015. Boutons papiers et aiguilles sur plexiglas. 

Sources:

http://www.korea.net/NewsFocus/Culture/view?articleId=101553

http://www.rfi.fr/hebdo/20150102-fabuleuse-histoire-hanji-papier-traditionnel-coreen-coree-sud-hangul-hangeul-seoul-jeonju-kim-park-kozo-asie

 

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